Mes 10 meilleurs moments musicaux de 2009

Mes 10 meilleurs moments musicaux de 2009

En guise d’introduction aux traditionnels classements de fin d’année, voici le classement le plus subjectif qu’il soit, car je m’en vais retracer en dix points mon année musicale 2009. Temps forts d’une année qui, dans l’ensemble, se seront déroulés en dehors du cadre réducteur de la matérialité de la musique.

En un sens, on pourrait interpréter cette liste de moments comme une liste d’autant de raisons pour laquelle je ne pourrais devenir critique musical (dans le sens donné par les détracteurs de projets collaboratifs). Et tant mieux, car ce n’est de toute manière pas mon objectif. Je ne cesserai de voir la musique par ma propre existence, mes propres expériences et mes douleurs propres. Je ne pourrai m’empêcher d’associer les arts à ma vie, jouer des désordres de mes envies, délier les raisons de mes lubies.

Dix moments, œuvres, sensations en musique qui auront, chacune à leur manière, marqué le cours de mon existence.

Un art qui l’est tout autant

ARMS
ARMS
"New York, I love you" week sur Au Bout Du Chemin 05/05
ARMS - Kids Aflame

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Derrière la scène foisonnante hyper-médiatisée de New York, entre la hype Wesleyan (MGMT, Santogold) et les valeurs sûres de l’indie (Animal Collective, Grizzly Bear, Dirty Projectors), se font une place confidentielle une petite niche d’artistes, autant, voire plus, hyperactifs que leurs glorieux congénères. Des bas-fonds et bénéficiant indirectement de la lueur des spots d’à côté, on trouve notamment Todd Goldstein.

Son nom ne vous dira probablement rien, pourtant il s’agit bien là d’un des acteurs notoires de cette année musicale, ayant été guitariste du feu sensationnel projet Harlem Shakes, et également à la tête depuis quelques années de son groupe ARMS. Pas de révolution, pas de breakthrough inespéré. Non. ARMS est un groupe ordinaire, aux chansons occasionnellement formidables. Goldstein, génie prosaïque, d’un art qui l’est tout autant.

C’est d’ailleurs par cette réification que je vais clôturer cette année, car à partir de demain, les choses sérieuses vont commencer. « This time, it’s personnal ».

La seule chose à faire

Zambri
Zambri
"New York, I love you" week sur Au Bout Du Chemin 04/05
Zambri - Easier

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Il n’existe que deux façons de résoudre ses problèmes : leur faire face, et tout faire pour que l’issue soit inévitable ; ou bien les fuir, parfois en bonne et due forme, et dans de rares mais nécessaires cas « for the greater good ». Les traductions littérales « pour le plus grand bien » « pour le bien de tous » font toujours abstraction d’une notion à la fois de résignation et de lâcheté. Comme si la fuite face à ses responsabilités faisait office d’un sacrifice sans alternative.

C’est écouter Zambri au lieu d’écouter Vic Chesnutt ce soir. C’est se voiler la face et se réfugier dans un univers à part, un univers à soi, épuré et isolé, où les impératifs alentours cessent de nous parasiter. C’est fuir au loin de chez soi lorsque l’on demeure la source de tout conflit. C’est ne rien dire sur l’irrésolu, assumer la réalité des choses. Parfois, nous ne sommes plus les centres de nos mondes.

Agir « for the greater good » est toujours la chose la plus simple à faire. Souvent la seule chose à faire. Cependant, jamais n’est-elle la plus intègre.

Il n’est rien de plus réel

Diane Birch
Diane Birch
"New York, I love you" week sur Au Bout Du Chemin 03/05
Diane Birch - Fire Escape

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La pire chose dans la souffrance est de s’y faire, de ne plus s’en détacher. La peine, la douleur deviennent les seules attaches dans ce tourbillon de perdition. Il est si facile de ne vouloir lâcher prise, de s’encloisonner, de s’isoler à n’en plus vivre. Paradoxalement, on ne peut qu’être plus lucide que lorsque l’on se trouve au pied du mur.

On s’y fait à ces effluves de détresse, quand la misère et les regrets deviennent martyrs, que les tourments deviennent fatalités. L’on maîtrise alors enfin quelque chose, l’on a pied. Enfin. Cette quête de contrôle est naturelle, voire nécessaire, car si rare. Diane Birch l’exprime vainement, mais à merveille « When all that I can do is ache », tandis que ce timbre craquelle à en faire vibrer nos plus intimes fibres compassionnelles.

Ces émotions, si dures soient-elles, sont essentielles, car elles demeurent parmi les rares éléments nous appartenant encore. Il n’est rien de plus réel.

Au cœur de ces vies de villes

Darlings
Darlings
"New York, I love you" week sur Au Bout Du Chemin 02/05
Darlings - If This Is Love

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Depuis hier, j’ai décidé de consacrer cette semaine à la découverte d’artistes / groupes new-yorkais. Cette ville m’obsède depuis que j’y ai posé pied le mois passé. Le contraste. Ses richesses. J’y retiendrai surtout cette abondance, que l’on tend à oublier en habitant soi-même dans une grande ville. J’aime l’univers urbain. Cette sensation de distance au milieu de tout. Cette essence se diffusant, nous mutant lentement en citadin mutin. Cet anonymat qui nous tenaille, mais nous fait vivre.

Nos émotions sont réelles car elles résonnent et se dissolvent. Elles existent car s’envolent, au gré de cette entente tacite, entre nous et vous. Les Darlings, comme leurs congénères qui les suivront tout au long de cette semaine, bien que noyés dans une masse déstabilisante, auront rempli leurs rôles, souvent ingrats, d’éclairs de clairvoyance éphémère. Au milieu de tout. Au milieu d’un rien.

L’opulence masque les contours pour n’en révéler que l’essentiel : au cœur de ces vies de villes, nos rêves et nous, sommes toujours seuls.

Sa grande miséricorde

Thorns Of Life
Thorns Of Life
"New York, I love you" week sur Au Bout Du Chemin 01/05
Thorns Of Life - I Hate New York

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Une drôle de sensation grandit dès lors que l’on arpente les grandes avenues, et les petites rues transversales de New York. Nous ne sommes personne au milieu de ces colonnes interminables, de ces foules inépuisables ; et pourtant, c’est là que l’on existe le plus intensément, que tous les sans-voix s’expriment le plus honnêtement, et le plus tragiquement.

New York est un emblème, car elle semble ne vivre que sur ces paradoxes inaltérables. Thorns Of Life, groupe rock de Brooklyn, est un symbole parmi tant d’autres. A peine plus de six mois d’existence, et les voilà déjà dissolus, déjà probablement oubliés, et si peu célébrés. Néanmoins, ils auront vécu un temps, des moments uniques qui n’auraient pu exister ailleurs.

« New York’s giving me the creeps » scande Blake Schwarzenbach. Il n’aurait pourtant pu “être” de nulle part ailleurs. Ils n’étaient qu’un parmi tant d‘autres, pour autant, lors de ce concert au 924 Bilman, ils représentaient New York, son paradoxe, son essence, son histoire et sa grande miséricorde.

Top des blogueurs 2009 : La sélection des meilleurs albums de l’année

Top des blogueurs 2009 : La sélection des meilleurs albums de l’année

Le Top des Blogueurs regroupe 37 passionnés de musique réunis autour d’un classement des meilleurs albums de l’année avec pour objectif de défendre leurs coups de cœur et découvertes sans pour autant négliger les incontournables de 2009. Après de longs débats et plus de 580 disques cités, nous sommes heureux de vous présenter cet article collaboratif publié à l’identique sur tous nos blogs !

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Neon Indian

Neon Indian
Espace B, Paris - Décembre 2009

Slaraffenland

Slaraffenland
Espace B, Paris - Décembre 2009

Je suis

100ème billet !
Judy & The Dream Of Horses (Belle & Sebastian cover)

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Je suis un imposteur. Je suis un faux érudit maniant bien les mots mais ne maîtrisant pas mes maux. Je prétends aimer la pop, le rock, le rap, l’électronica et consorts de genres. Je ne sais même pas de quoi je parle. J’idolâtre Arcade Fire, mais ai plus écouté Lady Gaga depuis le début de l’année. J’écoute de la merde, et prétend ne pas aimer ça. Je n’ai pas de goût, parce que tout simplement je n’y connais rien.

Je prétends être modeste, mais je tiens un blog. Où ne figure que des chroniques de moi. Qui ne parlent la plupart du temps que de moi. Je suis un romantique sans manières. Un idéaliste sans matière. Je suis vain et futile. Je fuis. Constamment et éperdument. J’écris pour ne pas avoir à m’exprimer. Les mots n’expriment pas la pensée. Ils la cachent, la couvrent, l’étouffe.

Je suis Kris. Je suis un imposteur.