Top 50 albums 2009

Top 50 albums 2009
BalmorheaAll Is Wild, All Is Silent
10.

All Is Wild, All Is Silent est un voyage lyrique aux paysages froids mais lumineux. Peut-être même un des plus beaux voyages que l’on puisse faire. Balmorhea nous convie dans une intimité presque charnelle, nous collant à eux, pour nous montrer leurs refuges les plus secrets, les plus pudiques. Entièrement instrumental, All Is Wild, All Is Silent est une odyssée idéale, comme rêvée depuis toujours.

Bill CallahanSometimes I Wish We Were An Eagle
09.

J’ai beau connaître son visage, déjà à l’époque de Smog, lorsque retentit la voix de Bill Callahan, je vois un visage meurtri aux traits creusés, en noir et blanc, comme un portrait d’une Amérique qui se cantonne et que l’on à tendance à parfois oublier. Ils sont pourtant toujours là, à incarner à la fois chacun de nous, à la fois les esprits les plus éminents. Bill Callahan est le plus beau d’un village d’aveugles, et Sometimes I Wish We Were An Eagle sera sa plus belle peinture aux couches profondes et denses, magnifique pour qui osera s’en approcher.

LushlifeCassette City
08.

Délicieux melting pot de hip-hop et de culture indie-pop, Cassette City de Raj Hakdar alias Lushlife est bien loin de passer inaperçu. Car Lushlife, le MC talentueux au flow fluide et accrocheur, rappe aussi bien sur des rythmes ensoleillés des côtes ouest, que sur des instrumentations synthétiques et sophistiqués. Cassette City est un compromis attachant entre un rap classique et progressiste ; mais surtout, celui-ci est empreint d’une belle émotion, d’une lumière et d’une chaleur qui en font un pied-à-terre musical idéal et où l’on revient inlassablement.

Jon HopkinsInsides
07.

Habituellement cantonné au rôle d’homme de l’ombre, Jon Hopkins se dévoile désormais au grand jour grâce à un album lumineux.Insides, fort d’une electronica bien pensée, nous conquiert au fil du temps. Ces plages se dissolvent au sein d’un esprit toujours bien pensant et menant vers des espaces toujours plus cléments. Car Jon Hopkins, bien que tirant sur les cordes mélancoliques du genre, s’efforce de constamment nous faire entrevoir une lueur possible, là-bas au loin. Il suffit de prendre le temps.

We Were Promised JetpacksThese Four Walls
06.

On aurait tendance à rapprocher bien vite les jeunes We Were Promised Jetpacks de leur cohorte de congénères écossais, de Twilight Sad à Frightened Rabbits. Pourtant à mon sens, non seulement, ils supplantent toute cette scène labellisée Fat Cat, mais These Four Walls s’impose comme un album à la dramaturgie constante, couplé à une énergie flamboyante rendant ce rock non plus urgent, mais bien vital. Dans la droite lignée des Wrens, We Were Promised Jetpacks est d’ores et déjà essentiel.

Benjamin BiolayLa Superbe
05.

Il était bien simple de mettre en aparté Benjamin Biolay, aux côtés de tous ces prétentieux de la nouvelle chanson française. L’attitude dandy trash n’aidant pas. D’un album que je détestais avant même d’en avoir écouté une mesure, La Superbe sera l’une des plus belles addictions de l’année. Biolay n’aura pas lésiné sur les moyens, ni sur les effets, et à raison, car toute une vie s’y déroule, avec une nuance de l’entre-deux renversant et palpitant.

Neon IndianPsychic Chasms
04.

Neon Indian est une anomalie culturelle, par sa nature exceptionnelle, et surtout sa contenance formelle. Psychic Chasms est un peu à l’électro-pop-synthétique ce que le Beauty & The Beat d’Edan fût à l’électro-hip-hop. Palomo avec Psychic Chasms, ne sort pas seulement un très bon album d’électro-pop, il outrepasse certaines barrières du genre, redessinant à son gré les plans de sa propre conception et se révèle être d’une subversion salutaire.

Daniel Martin MooreStray Age
03.

Lorsqu’est arrivé en tout début d’année cet illustre inconnu qu’est Daniel Martin Moore, le temps s’est muté en une notion vaporeuse et indistincte. Stray Age se révèle dès lors indémodable, car précisément évasif quant à sa nature même. Daniel Martin Moore distille ses comptines folk d’adultes comme d’improbables mesures de moments éternels. Moore joue de ces non-dits, use de ces silences profonds comme plus personne aujourd’hui pour y faire résonner son picking minimaliste, et surtout cette voix, prodigieuse comme une rêche brise de printemps, d’automne, d’été et d’hiver.

EvidenceThe Layover
02.

The Layover aura beau n’être qu’un EP sur le papier, il ne suffira que de quelques écoutes pour mesurer l’impact et la force d’un tel disque. Loin d’être fleuve ou trop concis, The Layover permet à Evidence de déverser avec une déconcertante facilité du soufre, de la nostalgie et de la floraison lyriciste.
En à peine dix titres, dont un interlude, pas un moment de gâché, pas une faiblesse ne semble transparaître. Les grands paysages protéiformes au sein desquels nous emmène Evidence suintent l’intégrité et le choix de solitude que l’on est parfois amené de prendre. Solidement épaulé par une belle équipe de producteurs (Alchemist, Khrysis, Babu), le Dilated People met la barre bien haut en attendant le successeur de The Weatherman.

Noah And The WhaleThe First Days Of Spring
01.

« You know in a year / It’s gonna be better » (« Stranger ») « Blue skies are coming / But I know that it’s hard » (« Blue Skies ») « It’s the first day of spring / And my life is starting over again » (« The First Days Of Spring »). Du nouvel album des Anglais de Noah And The Whale, l’on peut y sortir pléthores de citations, qui à un moment donné d’une vie, auront un sens. Parfois, elles pourront le temps d’un instant, être ce lien unique entre âme et raison.
Nous vivons chacun nos existences, basés sur les limbes d’une nostalgie personnelle. Noah And The Whale y aura donné forme, tout en rendant un hommage vibrant à ce fantôme, à cette chimère, muse et figure d’un regret permanent, donnant à chaque écoute de The First Days Of Spring la figure d’une allégorie. Celle d’un crève-cœur universel. Mon crève-cœur originel.
« You can’t be wise and in love at the same time. » disait Bob Dylan. En effet, on ne peut pas. Et c’était toujours pour le mieux.

22 commentaires

The Rest est là, je suis heureux ;-)

Ce post a été mentionné sur Twitter :
Mes 50 meilleurs albums de 2009 http://bit.ly/8AavHz #finilestops

Très beau top, le plus éclectique aussi. T’es un de ceux (avec Twist) qui a le plus mélangé les genres (pop, rock, électro, hip-hop, folk). Du coup j’en connais pas la moitié, de belles découvertes à venir. Merci.

Ce post a été mentionné sur Twitter :
RT @auboutduchemin: Mes 50 meilleurs albums de 2009 http://bit.ly/8AavHz #finilestops

De rien !

Pour l’éclectisme, c’est vrai que j’aime bien écouter un peu de tout, donc ça aide fortement (j’ai grandi avec du rap à la base), et particulièrement cette année, j’ai trouvé l’année rock un peu moins fourni que les précédentes. J’ai écouté plus d’autres choses, ce qui se ressent dans ce bilan finalement.

Après, sur mon ressentiment, je me contenterai de citer Darnielle des Mountain Goats : « Ca m’inquiète toujours de penser que je suis un dilettante: Je connais pas mal de choses sur divers sujets, mais ne possède pas une grande connaissance de la plupart. » :)

Ce post a été mentionné sur Twitter :
RT @auboutduchemin Mes 50 meilleurs albums de 2009 http://bit.ly/8AavHz #finilestops // j'en connais que 10 :-(

Fanfarlo Fanfarlo!!
De belles découvertes en perspective, et petite parenthèse, as tu écouté le Real Estate?

Oui, plusieurs fois même. Bien que plaisant, je n’en ai quasiment jamais rien retenu malheureusement… Un peu comme avec les XX.

rrooo bon tant pis en tout cas 10 en commun c’est déjà pas mal, j’ai pas fait l’effort de compter mais je doute en avoir plus avec d’autres blog…

Ha si 12 avec Twist…

Généralement je tourne entre 10 et 15 avec les autres blogs que je consulte. Tant mieux, il y a de la diversité :)

Tiens le Jon Hopkins c’est une belle découverte.

Cher ami nous en avons 11 en commun. Mais ce qui est drole c’est que les 39 autres disques, je dois en connaitre/avoir écouté la moitié seulement. Foufou. :)

Notamment le Taken By Trees dont je repousse les écoutes depuis des mois pour je ne sais quelles obscures raisons.

Blasphème pour les XX :)

Y’a trop de trucs tentants à écouter. C’est la dernière fois que je viens ici.

L’album des Noah And The Whale est vraiment superbe. Merci pour ce post qui m’a permis de découvrir de nouveaux sons.

Oh bah j’espère que tu reviendras quand même de temps en temps hein ;)

@Twist : Ca m’a fait la même lorsque j’ai découvert ton classement. Du coup il me reste encore des albums 2009 à écouter. Moi qui pensait m’en être débarassé… :)
Bonne année à toi également !

@Lili : Nous sommes bien évidemment d’accord sur le Noah And The Whale. Et bienvenue !

Oubli blasphématoire dans la listes de courses; si vous n’avez pas encore entendu ce dont sont capables des Clones-musiciens, passez à l’occasion les voir sur http://fr.akamusic.com/lesllbellullsuedoizz
Vous verrez que les prouesses bio-technologiques portent leurs fruits et résistent à la gravité avec grandiloquence.

Je n’aime pas les tops, mais j’ai aimé parcourir les tiens, découvrant ça et là de belles choses à côté desquelles j’étais passée trop vite !

Découvertes intéressantes ! Merci.

[...] Voir mes 50 meilleurs albums de 2009… [...]

Say it, say it now