
La nouvelle sensation soul masculine est bel et bien blanche comme neige, au look nerdy, tout droit sorti de Detroit. Plus classique qu’un Jamie Lidell, il est surtout bien plus ancré dans une tradition allant de Marvin Gaye à Curtis Mayfield. Sans aller jouer dans la même cour que ses illustres ancêtres, Mayer Hawthorne nous délecte tout de même d’une soul ample et vernie.

Si à quelques exceptions près, Yellow House m’avait laissé de marbre (et quelle exception que « Knife »), Veckatimest s’est rapidement imposé comme un album auquel il est difficile de ne pas adhérer. Les équilibres mélodieux, la qualité des interprétations, la finesse des arrangements font de cet album des talentueux Grizzly Bear un incontournable, porté fièrement par le chef-d’œuvre qu’est « Two Weeks ».

Quel grand plaisir permanent que d’entendre ce chant cabossé et hoquetant de Spencer Krug, que soit avec Sunset Rubdown ou avec Wolf Parade. Dragonslayer m’aura cependant réconcilié avec Sunset Rubdown. Moins fouilli et confus que Random Spirit Lover, ce nouvel album est d’une linéarité et d’une clarté irrésistibles. Du rock arty (oui, c’est un compliment) et sensible.

The Joy Formidable fait un peu le même effet que The Pains Of Being Pure At Hearts. Une musique vive et enlevée, outre-datée, mais joué à merveille et avec entrain. Ce qui étonne cependant chez eux est cette urgence palpable, cette sensation d’instabilité contrôlée. Ils se hâtent de peur de tout manquer. Ils s’empressent pour ne pas voir que les choses changent irrémédiablement. Les Joy Formidable courent et tentent de duper le présent avec des armes d’hier. Pourtant il est déjà trop tard. Et ça, ils le savent déjà.

L’appel des abîmes a toujours été une source d’inspiration sans fond. Pour The Antlers, ces bas-fonds de l’âme humaine se révéleront être un terreau propice à y faire grandir un trop plein de sentiments venant envahir des chansons tantôt nerveuses, tantôt adoucies, mais toujours avec une sublimation et une sensibilité à en rester figé, par tant de justesse, si près du bord du précipice.

Dans un certain inconscient collectif, Birdy Nam Nam, c’était « Abbesses ». C’était la technicité fine de quatre DJ discrets mais ô combien efficaces. Les Parisiens représentaient l’anti-parisianisme patenté, la qualité au ton décalé, au teint marqué, au son sali par un vécu besogneux. D’une électro taciturne et brumeuse, Birdy Nam Nam se meut en pourvoyeur de house colorée, martelante et virulente. Avec une efficacité des plus primaires.

Parler de figures majeures en évoquant Quik et Kurupt serait présomptueux. Leur association se révèlera pourtant l’un des actes majeurs de cette année. Traditionaliste dans ses fondements, BlaQKout (nom en hommage aux collaborations de Method Man et Redman) est un témoignage clinquant d’un hip-hop audacieux, au délicieux mélange de old-school et de g-funk communicatif.

Merriweather Post Pavilion se présente comme une version accessible et synthétique de ce qu’Animal Collective a pu faire lors de cette décennie passée. Bien que ni la surprise, ni la révolution ne sont au rendez-vous, le trio est toujours l’une des figures de proue de ce qu’il se fait de mieux dans la musique d’aujourd’hui, en faisant éclater la bulle expérimentale et en expédiant hors de ses sphères habituelles leur univers si particulier.

The Rest a failli passer entre les mailles du filet et cela aurait été un vrai désastre. Peu connus, loin de figurer parmi les têtes de gondole des médias spécialisés, Everyone All At Once et sa pop nourrie aux orchestrations épiques, aurait filé sans mot dire. The Rest, probablement l’un des grands oubliés de ces sempiternels tops de fin d’année, ne pourra rester bien longtemps dans l’ombre.

Débarqués d’un peu nulle part de leur Vancouver natal, le duo des Japandroids aura fait vaciller nombre de paires d’oreilles avec ce debut album aussi nerveux que naïf. Post-Nothing, ou le nom d’album le plus charmant et réaliste de l’année, s’écoute d’une traite tant l’on rechigne à manquer quelque fascinant instant de ces brûlots garage, noisy et à la très forte identité pop.


22 commentaires
The Rest est là, je suis heureux
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Mes 50 meilleurs albums de 2009 http://bit.ly/8AavHz #finilestops
Très beau top, le plus éclectique aussi. T’es un de ceux (avec Twist) qui a le plus mélangé les genres (pop, rock, électro, hip-hop, folk). Du coup j’en connais pas la moitié, de belles découvertes à venir. Merci.
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RT @auboutduchemin: Mes 50 meilleurs albums de 2009 http://bit.ly/8AavHz #finilestops
De rien !
Pour l’éclectisme, c’est vrai que j’aime bien écouter un peu de tout, donc ça aide fortement (j’ai grandi avec du rap à la base), et particulièrement cette année, j’ai trouvé l’année rock un peu moins fourni que les précédentes. J’ai écouté plus d’autres choses, ce qui se ressent dans ce bilan finalement.
Après, sur mon ressentiment, je me contenterai de citer Darnielle des Mountain Goats : « Ca m’inquiète toujours de penser que je suis un dilettante: Je connais pas mal de choses sur divers sujets, mais ne possède pas une grande connaissance de la plupart. »
Marre des tops (même si celui la est pas mal)
http://anotherwhiskyformisterbukowski.unblog.fr/2010/01/03/pas-de-top-aujourdhui-1/
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RT @auboutduchemin Mes 50 meilleurs albums de 2009 http://bit.ly/8AavHz #finilestops // j'en connais que 10
Fanfarlo Fanfarlo!!
De belles découvertes en perspective, et petite parenthèse, as tu écouté le Real Estate?
Oui, plusieurs fois même. Bien que plaisant, je n’en ai quasiment jamais rien retenu malheureusement… Un peu comme avec les XX.
rrooo bon tant pis en tout cas 10 en commun c’est déjà pas mal, j’ai pas fait l’effort de compter mais je doute en avoir plus avec d’autres blog…
Ha si 12 avec Twist…
Généralement je tourne entre 10 et 15 avec les autres blogs que je consulte. Tant mieux, il y a de la diversité
Tiens le Jon Hopkins c’est une belle découverte.
Cher ami nous en avons 11 en commun. Mais ce qui est drole c’est que les 39 autres disques, je dois en connaitre/avoir écouté la moitié seulement. Foufou.
Notamment le Taken By Trees dont je repousse les écoutes depuis des mois pour je ne sais quelles obscures raisons.
Blasphème pour les XX
Y’a trop de trucs tentants à écouter. C’est la dernière fois que je viens ici.
L’album des Noah And The Whale est vraiment superbe. Merci pour ce post qui m’a permis de découvrir de nouveaux sons.
Oh bah j’espère que tu reviendras quand même de temps en temps hein
@Twist : Ca m’a fait la même lorsque j’ai découvert ton classement. Du coup il me reste encore des albums 2009 à écouter. Moi qui pensait m’en être débarassé…
Bonne année à toi également !
@Lili : Nous sommes bien évidemment d’accord sur le Noah And The Whale. Et bienvenue !
Oubli blasphématoire dans la listes de courses; si vous n’avez pas encore entendu ce dont sont capables des Clones-musiciens, passez à l’occasion les voir sur http://fr.akamusic.com/lesllbellullsuedoizz
Vous verrez que les prouesses bio-technologiques portent leurs fruits et résistent à la gravité avec grandiloquence.
Je n’aime pas les tops, mais j’ai aimé parcourir les tiens, découvrant ça et là de belles choses à côté desquelles j’étais passée trop vite !
Découvertes intéressantes ! Merci.
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