
Mon coup de coeur de l’année est allé à ces jeunes Ecossais au rock vénéneux et à la mélancolie sous-jacente. « Keeping Warm » est une œuvre, dont les deux composantes (un crescendo et une explosion inévitable) tiennent à deux doigts de la rupture, où l’urgence n’est qu’un écho fortifiant de plus à cette ambiance résignée mais valeureuse dont sont pétris les formidables We Were Promised Jetpacks.

L’une des plus improbables sensations de cette année provient de cet ovni anglais de jeunes marginaux à la musique et à l’alchimie troublante. Pas forcément toujours passionnant sur la longueur, le son XX parvient à trouver sa meilleure formule en ce « VCR » sensuel à la ligne de basse vibrante et fascinante.

Je ne peux penser à une meilleure raison d’aimer « You Belong With Me » que de voir en cette twee-pop immédiate, un aperçu immersif et prenant d’un véritable tourment futile d’adolescent. Certes, le sujet peut paraître frivole, mais au contraire d’autres chansons « simples », Taylor Swift donne à ses compositions une folle dimension d’incarnation, si bien que les plus communs sentiments deviennent de grandes envolées emphatiques ; Taylor Swift pointe à l’essentiel, avec panache et générosité.

Ces exquis dévalements mélodiques, fluctuent avec déliquescence chaque contour de « Treehouse », ces réminiscences post-rock ensuite, pour venir embrasser des horizons embrasés, de ceux des chaleurs texanes de Friday Night Lights aux flibustes embardées de Sigur Ros embrumés. Mimas recèle de la rudesse de la musique nordique afin de parvenir à l’essentialité kitsch de la musique pop progressive.

« My Girls » est devenue la métonymie de Merriweather Post Pavillion, par sa maturation, la régularité de sa présence au fil des écoutes. Animal Collective œuvre ici et depuis le début à la création d’un art complexe, à contre-courant. Jouer sur la variation du temps et la fluctuation des réalités, voilà la réelle marque de génie des avant-gardistes.

Mais qui est donc ce Daniel ? Qu’a-t-il pu bien faire pour mériter telle ode ? Si pure et sibylline. Point de référence de ce tournoiement débordant, ce Daniel semble être un point fixe dans cet ensemble en perdition. Natasha Khan est à la fois stoïque et fragile, ne tenant que par la force de sa foi. En Daniel. En cet espoir follement entretenu. En ce lien inaltérable et insaisissable. Daniel, par cette superbe incarnation, est devenu un mythe. Une créature hybride entre l’être et la chimère, lien tangible entre rêve et désespoir.

« Songs That Reminds Me Of You » ne nous laisse aucun temps d’adaptation. Dès les premières secondes, les vagues réminiscences viennent nous cueillir au bord du large pour nous mener vers les tourments des souvenirs. Les beats sont virulents, tandis qu’on ne sait très bien si Annie se positionne comme martyr ou meurtrie rancunière. Probablement un peu des deux, donnant à ce « Songs That Remind Me Of You » ce goût si âpre malgré cet habillage si captivant.

A écouter « Whatsha Wan Do », on se croirait revenu au début du siècle avec ce sample de flûte, rappelant l’introduction des influences orientales dans le hip-hop mainstream. Quik & Kurupt, à l’image de leur association, livrent ici un savant mélange de old-school et de savoir faire avec un titre accrocheur, gouailleur, et surtout diablement efficace.

A l’écoute de « Deadbeat Summer », l’été permanent promis par Neon Indian remplit toutes ses attentes. Puis l’on se rend compte que la voix d’Alan Palomo ne se relève jamais. Elle nous paraît même bien tourmentée. Puis cela nous saute aux yeux. « Deadbeat Summer », sous ses allures de promesses en instance, est un paysage déchiré, entre la terreur du lendemain, et la quiétude d’un soleil se préparant à disparaitre à jamais.

Jamais la voix de Sarah Assbring n’aura sonné aussi désenchantée. Et pourtant, en trois albums, elle aura eu son lot de chansons tristes et mélos. « Change Of Heart » est différente. Elle n’offre plus rien, n’a plus rien au fond d’elle. Cette voix, c’est bien celle de la résignation, dans sa forme la plus cruelle et la plus solitaire. Et le pire finalement, est que l’on n’y peut rien, excepté prendre part comme témoin, à cet effondrement progressif, et compatir, qu’importe où cela nous mène.


17 commentaires
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Mes 50 meilleurs singles de 2009 (à lire et à écouter) http://bit.ly/4E2R3B
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@firstladypatate @playlistsociety Et voilà ! http://bit.ly/4E2R3B
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Du très très bon ! RT @auboutduchemin: Mes 50 meilleurs singles de 2009 (à lire et à écouter) http://bit.ly/4E2R3B
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@auboutduchemin Mes 50 meilleurs singles de 2009 (à lire et à écouter) http://bit.ly/4E2R3B
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Il y a beaucoup de choses que je n’aime pas, mais beaucoup aussi que j’aime énormément et que je ne vois pas (trop) ailleurs (Boratto, Clipse, Neon Indian, Quik & Kurupt, Wahed Out, Desire, Memory Tapes…), vraiment bravo pour le boulot et l’ouverture.
Au passage, le Daniel Martin Moore est de 2008, mais c’est un tel chef d’œuvre, qu’il compte bien pour deux ans !
J’imagine bien que je ne dispose pas des goûts ultimes susceptibles de plaire à tout le monde. Mais si tu as déjà pu t’y retrouver sur certaines choses, ça me convient tout à fait !
Et oui, j’ai l’impression que l’on ne est pas beaucoup (sur la blogosphère fr) à avoir aimé cette année des choses comme Gui Boratto, Jon Hopkins, ou mêmela vague Hypnagogic Pop – c’est comme ça que ça s’appelle apparement – des Neon Indian, Washed Out, Memory Tapes etc.
Le rap US après, c’est presque normal, soit ça tombe dans le spécialisé et ça peut se comprendre, soit c’est les gros noms comme Jay-Z ou Mos Def, ou les adulés et encensés comme Raekwon ou Kid Cudi.
Par contre, je suis persuadé d’être le seul à aimer le Taylor Swift, et j’en suis très satisfait. C’est mon côté masochiste.
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) #tropdetoptueletop
Quand j'aurai fini mon top albums, je rejoindrai les haters de top (d'ailleurs mon top singles http://bit.ly/4E2R3B
Un excellent récap’ des singles de l’année écoulée ! ça n’a pas du être facile, peut être quelques oublis mais la sélection est excellente.
Bravo.
Je confirme que ce n’était pas facile en effet. Très certainement de nombreux oublis, mais aussi beaucoup de très bonnes choses laissées sur le carreau, parce qu’à un moment, il faut bien se fixer une limite…
Merci
Concernant Grizzly Bear, je trouve que « Knife » était déjà un titre de référénce et que « Two Weeks » en est juste un autre, aussi bien. « Knife » est une chanson incroyable qui a été reprise et remixée par de nombreux autres artistes qui lui ont donné encore plus de valeurs.
Bref, tout ca pour dire que Grizzly Bear nous pond de très bon singles quand même !
J’ai toujours eu un problème avec la fin de Knife. Ca me gâche la chanson et suis frustré que la chanson ne soit du coup pas plus longue, ou tout simplement complète, et achevée.
En ce sens je trouve Two Weeks bien plus cohérente, bien mieux construite.
Et sinon, bonne année à tous !
Excellent top chansons très variés, j’y retrouve des choses que j’ai aimé d’autres moins et d’autres que je ne connaissais pas, en tout cas bravo et vivement le top albums.
Voeux exaucés !
Mon top albums : http://auboutduchemin.net/2010/01/04/top-50-albums-2009/
Les 20 premiers seront dévoilés demain.
Bon, déjà, c’est en grosse partie grace à toi que je dois mon amour fou pour ton (et mon) numéro 1.
Deuxio, même si déjà dit, j’aime beaucoup ton top. Très eclectique, très varié et en plus je suis loin de tout connaitre. Parfait.
Bonne année msieur!
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