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Je ne dors plus. Comme d’habitude. Ces va-et-vient incessants, ces flux de pensées migratoires instables et envahissants. Cela fait tellement d’années, que mes maux sont devenus normes, que mes plaintes sont devenues palabres, que les paroles sont devenues antiennes. « Prends donc des somnifères » me conseille-t-on.
Putain, et quand j’ai envie de chialer tellement fort que mes seules mains ne pourront être assez larges pour contenir tout mon désarroi, quelle pilule dois-je prendre pour faire disparaître toute cette peine, toute cette haine ? Et lorsque mes propres entrailles sentiront le frisson de ma souffrance, quel cachet sera assez fort pour me rendre ma paix ? Qui restera à mes côtés lorsque je les aurais tous rejetés ? Ceux qui comptent. Pour l’instant.
E. lui au moins, sait de quoi je parle, connaît ces propres chemins qu’il sillonne lui-même depuis si longtemps. Sur ces routes abîmées par le temps, on s’est croisés parfois. Je l’ai même compris parfois. On s’est salués, puis je me suis retourné. Pour penser à toi. Qui me hante la nuit. Qui me hante le jour. Toi, qui a fait de moi ce que je suis.


7 commentaires
Take peels!
J’ai honte de ce billet.
Il n’y a pas de quoi, vraiment.
Ce post a été mentionné sur Twitter :
Eels me fait sentir honteux http://bit.ly/H0kzf
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Eels me fait sentir honteux http://bit.ly/H0kzf
Qu’est-ce que c’est beau, Eels, tout de même.
« Qui restera à mes côtés lorsque je les aurais tous rejetés ? Ceux qui comptent. Pour l’instant. »
Merci pour ça.
Et quelle chouette idée que ce « un jour, une chanson, une émotion »
Say it, say it now