J’aurais pu parler de Phoenix. J’aurais pu parler du Breakfast Club. J’aurais pu parler du symbolisme intrinsèque que recèlent ces deux icônes pop si proches en nature de ces vingt dernières années. J’aurais pu évoquer le devenir de la pop, la bulle increvable que furent les années quatre-vingt. J’aurais pu parler d’à peu près tout.
Mais tout cela s’estompe au fur et à mesure que je re-visionne cette fabuleuse vidéo, et je n’ai plus envie de parler de rien. Juste ressentir. Un moment d’allégresse infini. Une grâce issue d’une innocence transmise à merveille. Sur ces toits, le poids du monde semble oublié. Sur ces pas de danse, une improbable étendue de souvenirs, de peines et de joie. Par-delà les codes de l’époque, seule la jeunesse prévaut. Elle seule permet d’occulter aussi fermement l’oppression du monde alentour. Sur ces toits s’illuminent nos plus frêles idéaux, deviennent fondamentales et imperturbables.
Une jeunesse glorifiée, enfermée dans le cliché naïf d’un Breakfast Club aujourd’hui culte, car en perdition. Le monde d’aujourd’hui danse sur Phoenix aux grés de chorés désuètes, aux rythmes de principes perpétuels qui de plus en plus, se dérobent à moi. Vaine et essentielle, la jeunesse est éternelle. Et l’on s’en éloigne chaque jour un tout petit peu plus.


10 commentaires
Très beau texte et superbe conclusion…
« Breakfast club », c’est le film avec des étudiants en colle ?
C’est bien celui-là. Que je vais sûrement revoir dans pas longtemps vu le nombre de fois que j’ai vu cette vidéo.
Je le connaissais par cœur quand j’avais 13 ans. J’ai même écouté du Simple Minds et fumé de l’herbe à cause de (grâce à) ce film…
Mais j’ignorais qu’il était culte !
Quand j’ai vu le titre sur mon google reader, j’ai pensé que j’allais avoir droit à une chronique de The Eternal de Sonic Youth. En fait, pas du tout. D’où question : c’était voulu ou rien à voir ?
Quelle chronique!
Oui, très beau clip, je l’ai beaucoup regardé dernièrement, et pourtant Phoenix j’ai laché depuis le premier (je vais écouter le nouveau).
En tout cas, quand tu dis:
« Un moment d’allégresse infini. Une grâce issue d’une innocence transmise à merveille. Sur ces toits, le poids du monde semble oublié. Sur ces pas de danse, une improbable étendue de souvenirs, de peines et de joie ».
c’est juste ça.
Vous n’êtes pas le seul a faire le rapprochement
http://www.youtube.com/watch?v=qtRQsCgYmtc&feature=related
Alors en effet, le clip au-dessus est d’ailleurs le premier mashup, et la vidéo du dessus sur les toits et une réponse à cette première vidéo (suis-je clair ?).
Donc en effet, c’est bien normal, et tout est bien parti de la vidéo que tu mise cher anonyme.
Bravo pour le texte ! Un instant sublimé…
Désolé, j\’avais oublié de répondre. Alors, non pas du tout voulu. A vrai dire, je n\’ai même pas écouté le Sonic Youth, et ne suis même pas sûr d\’en avoir franchement envie…
[...] également le Billet de Kris du blog ‘Au Bout Du Chemin’ sur cette fabuleuse [...]
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