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Souvent, il m’arrive d’arriver après la bataille, de revivre ma vie en parallèle, en décalé, de ressasser des événements passés à fantasmer sur ce qui aurait pu, sur ce qui aurait du. Non pas par manque d’instantanéité ; mais par réel besoin de profondeur d’analyse, inconscient ou non. Le temps se prend, au détriment d’une certaine réalité, mais résultant en une uchronie qui, quoiqu’il arrive, surpasse l’actuel, le présent, le réel.
Ce temps de réflexion, parfois nécessaire, n’est donc pas forcément sans conscience de la réalité ; ce temps aboutissant à un idéal biaisé, mais supplantant l’alternative, rendant l’illusion pérenne. C’est ainsi que « My Girls » devient la métonymie de Merriweather Post Pavillion, par sa maturation, la régularité de sa présence au fil des écoutes. Le temps permet cette pénétration, cette imprégnation forte, cette habitude qui remplace la simple considération.
Animal Collective œuvre ici et depuis le début à la création d’un art complexe, à contre-courant. Le temps pour le groupe new-yorkais est une nécessité absolue, une composante connexe indissociable de son écoute et de sa décortication, décalée par conséquent. Jouer sur la variation du temps et la fluctuation des réalités, voilà la réelle marque de génie des avant-gardistes.


2 commentaires
Bon, je vais pas être très loquace, tu as tout bien dit. Mais ma préférence va peut-être à Brothersport (sur cet album là). Un groupe comme ça capable de faire danser des potes en soirée (ce week-end) alors qu’ils ne connaissent pas le groupe, je trouve ça fort.
Sinon, My Girls est aussi un de mes titres préférés, définitivement, de ce disque aussi.
Cet album est un chef-d’œuvre, chaque chanson s’imprègne, je dirais même plus s’infiltre dans ma tête. Enfin, tout est dit dans ton article.
Say it, say it now