La sobriété artistique permet de faire ressortir ce qu’il y a de plus vrai dans toute œuvre. Sa quintessence, son message inhérent, la vision véritable de l’artiste grâce à l’expression la plus circonspecte. Cependant, la minimalisation nécessite une attention toute particulière à chaque touche, à la portée de chaque élément.
Le piano lourd et pesant sur « We Are Facing The Sun » fait ainsi face aux convolutions synthétiques des nappes électroniques survolant le métronome beat. Le Berlinois Sascha Funke dépeint une techno minimale à la physionomie aride, mais se révélant on ne peut plus opulente. Ce que l’on pourrait croire antilogique, c’est que ces beat froids et austères, renchéris par ces quelques notes distantes de piano, provoquent une réaction exothermique, légère, agréable, surréaliste.
« We Are Facing The Sun » est une construction faste, travaillée à la finition près, échantillonnée pour ne rien laisser au hasard, où tout ce qui doit être, sera. La réaction sera comme tout, incontrôlable pour tous, visible par tous, mais infalsifiable et inaltérable, aux ficelles invisibles faisant tenir toute l’architecture dans son ensemble, pointant son faîte aux yeux hébétés de tous ses congénères. Toutefois, derrière sa robustesse apparente et sa mécanique flegmatique, « We Are Facing The Sun » laisse entrevoir la possibilité d’une faille, subversive, lumineuse. Décontenançant.


Un commentaire
Tu oublies de parler des tortueuse brides de violons electroniques, montantes incessaments pour finalement nous plonger dans des reveries enivrantes.
La minimale est la recherche incessante de la sonorité ultime qui nous fera vibrer, et en cela Sascha Funke est passé maitre !
Say it, say it now