Les chansons longuettes font toujours un peu peur. Lorsqu’une chanson s’aventure au-delà de la demi-douzaine de minutes, on songe à du post-rock, à du progressif, on se dit qu’il va peut-être falloir prendre une double dose d’attention, car le formatage contemporain ne nous habituait plus à des chansons aussi longues. Mais cette étendue de plage sonore permet à certains intrépides et virtuoses de nous faire oublier toute notion de temps et d’espace.
En nous imprégnant malgré nous de cette teinte particulière, de ce grain identifiable entre mille, les vastes espaces américains se laissent dévoiler à notre guise. Terrain fertile du blues, et des histoires aux mouvances lentes et captivantes, ces paysages fiévreux et rugueux ne demandent qu’à être explorés. L’inénarrable Nick Cave et ses fidèles Bad Seeds défrichent le terrain pour nous au sein de ces sept prosaïques minutes, au sein desquelles ne se gênent pourtant pas pour germer d’innombrables pousses.
Après la bande-originale, l’an dernier, du western L’Assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford, de sa voix de crooner bluesy, Nick Cave nous conte de nouveau ses innombrables histoires de nowhere, et au sein de sa passionnante cavalcade musicale avec les Bad Seeds, naissent des ramifications infinies au cœur de motifs universels. N’est stérile qu’un esprit silencieux.


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