Pour inaugurer ma nouvelle lubie que ce blog musical, comment mieux commencer qu’avec la pureté d’un coup de cœur. Que demander de mieux finalement ? L’incongruité d’une passion née irrationnellement d’une pulsion primaire. Celle de l’accroche mélodique, celle de l’attrait de la nouveauté, de l’indécence du parti pris.
Avec leur album éponyme sorti la semaine passée, les Crystal Castles nous apportent la perspective émotionnelle qui manquait tant à ce genre de musique. Energique ou bourrine, le rock s’associait à l’autisme et la décérébration de la new rave. Sur ces mêmes bases, les Canadiens parviennent à apporter ce petit rien qui manquait cruellement : l’âme. Kitschissime, les synthés d’Ethan Kath enferment dans une myriade de couches la voix étouffée, néanmoins réelle et palpable, d’Alice Glass. Comme une plainte tue. Comme un cri dans un coussin. Comme la chute d’un château de cartes.
Derrière la violence des basses, des fréquences, du chant brisé ; la déchirure d’un murmure maladif.


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